Rencontre avec Louise Caron, lauréate du concours DraftQuest saison 1

louise-caron

Chers DraftQuesters !

Vous vous souvenez peut-être que, lors de la première saison du MOOC “Ecrire une oeuvre de fiction”, à l’automne 2013, nos partenaires Les Editions Aux forges de Vulcain avaient organisé un petit concours : un des romans issus de cet atelier serait publié. Les Forges viennent d’annoncer le titre du texte lauréat: “Les grondements du Tigre” de Louise Caron, qui sera donc publié aux Editions Aux forges de Vulcain. Nous avons posé quelques questions à Louise!

A bientôt,

David

(photo copyright http://www.le-ptit-ecrivain.fr)

 

DraftQuest : Louise, peux-tu nous parler de ton manuscrit, « Les grondements du Tigre » ?

Louise Caron : Comme beaucoup d’auteurs —  Shakespeare, Tchékov, Brecht et plus récemment Vinaver ou Wajdi Mouawad… — j’utilise, à mon modeste niveau, l’Histoire en toile de fond à la geste quotidienne des personnages. Des gens ordinaires subissent la pression d’un conflit qui bouleverse le Monde et par ricochet leur destin individuel. « Les grondements du Tigre » se situe en 2005 à Bagdad durant l’occupation américaine. Le combat entre occupants et occupés va déterminer le destin des trois personnages principaux, Sohrab, jeune fille amoureuse de Naïm artiste sculpteur de pierres et de mots, et Niko Barnes un soldat américain en mission en Irak, personnage paradoxal qui ambitionne d’écrire pour devenir rien de moins que le nouveau Steinbeck. Ce texte est le fruit d’une lente maturation puisque les trois personnages préexistaient dans une pièce que j’ai écrite en 2012. Passer de la forme scénique au roman a nécessité un long temps de documentation. Ensuite le travail artisanal de l’écriture a consisté à une sorte d’anamorphose de la réalité au profit d’une fiction à raconter au lecteur.

 

DraftQuest: Tu as participé à la première saison du MOOC « écrire une fiction » de DraftQuest. Qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Louise Caron : J’ai appris beaucoup au travers des échanges.  Les cours ont précisé des notions de base avec des exemples qui m’ont ouvert des horizons sur des formes littéraires ou cinématographiques qui ne m’étaient pas familières. Toute ouverture est un enrichissement. J’ai utilisé DraftQuest quotidiennement 20 minutes par jour tout au long du MOOC, au départ en recopiant une version initiale du texte où chacun des personnages était son narrateur. J’ai ensuite tout repris à partir des retours de David sur certains exercices, mais aussi à partir de la relecture constructive d’une participante au MOOC avec qui nous avons choisi de travailler en binôme depuis le début. En dehors de ça, les trois retours des pairs sur mon texte ont été bienveillants mais pas vraiment utilisables. La relecture un bon exercice difficile qui exige du temps et du recul. J’ai soumis en janvier un premier jet préliminaire que j’ai complété par la suite à raison de plusieurs heures par jour, jusqu’en Avril.  Le MOOC m’a permis de travailler plus vite et très efficacement pour aboutir à un texte valorisable.

 

DraftQuest : As-tu participé à la saison 2 ?

Louise Caron : Oui, quoique de façon moins assidue puisque j’étais déjà engagée dans un projet. Les cours sont toujours très bons, mieux structurés que dans le MOOC V1 (l’expérience) et les exercices plus exemplaires. En revanche le nombre très important de participants au MOOC et au forum rend plus difficile le suivi des discussions. Malgré tout, ce que j’en ai lu m’a paru intéressant. C’est une sorte de melting-pot où chacun arrive avec son passé, ses qualités, ses défauts, ses envies, ses espoirs, sa gentillesse, pour moi c’est une sorte de Tour de Babel où les échanges sont tout de même possibles. Une version niveau 2 serait certainement utile.

 

DraftQuest : Tu organises toi-même des ateliers d’écriture: peux-tu nous en dire plus ?

Louise Caron : Ce sont des ateliers sur trois jours qui couplent l’écriture au jeu théâtral avec des allers-retours entre les deux. Le jeu (corps, voix déclinés en improvisations, lectures de courts extraits de pièces ou de récits) va nourrir l’écriture. Ensuite les textes des écrivants sont mis à l’épreuve de l’interprétation et valorisés par tous devant tous. Il n’y a pas de cours magistraux, les notions de bases (narration, personnages, intrigue, conflit, scènes, évolution dramatique…) sont abordées dans des exercices pratiques et les explications viennent après en exemple sur la reprise des textes. Nous abordons l’écriture théâtrale (dialogues, monologues, choralité, sonorité) et l’écriture romanesque dans ce qu’elles ont de commun et de différent. Les participants sont guidés par des contraintes qui paradoxalement leur apportent une grande liberté. Nous utilisons aussi des images supports (masques, tableaux, actualité), des proverbes, des conversations réelles qu’il faut transformer en matériel littéraire ou théâtral. Ça se passe en immersion au cœur des Cévennes dans une église du XII° restaurée dans une nature propice à laisser s’exprimer l’imagination.

 

DraftQuest : Quels sont tes prochains projets créatifs ?

Louise Caron : Préparer le prochain spectacle de la Cie théâtrale, pour l’instant j’en suis à la phase d’exploration de textes, et puis continuer à tourner la pièce « Pages arrachées 1914-1915 » accompagnée par un trio de musiciens. Cette pièce nous l’avons co-écrite avec mon mari à partir de documents d’époque, avec des insertions de textes littéraires et de témoignages qui montrent l’absurdité de cette boucherie. On parle de la guerre pour faire une ode à la paix. Travailler au montage complexe (financier et artistique) d’un monologue pour homme « Une lune de sang dans un ciel de cendres ».Terminer une pièce actuellement en chantier « Brève histoire de la Grande Pandémie » adaptation contemporaine du mythe d’Antigone. Avancer l’écriture de la seconde partie de l’histoire commencée avec « Les Grondements du Tigre », qui se passe aux Etas-Unis entre 2008 et 2013 et dont le titre provisoire est « Les Rumeurs du Mississipi », le titre permet une articulation entre les deux histoires au travers des fleuves.

  1. Bravo Louise !
    J’applaudis à cette réussite bien méritée au vu de l’implication déployée dans l’art de transmettre des messages.
    C’est un bel exemple d’organisation et de persévérance pour l’épanouissement de talents naturels.

  2. Félicitations, Louise !

    Il me semble, à lire cet entretien, avoir vu dans une émission télévisée le très beau lieu qui est aménagé pour tes ateliers d’écriture et les événements culturels que tu évoques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *